Aujourd’hui 15 août la pétition « Halte au massacre de la forêt des îles de Bonny-sur-Loire » a nettement dépassé les 1000 signataires. Nous voudrions avant tout remercier à nouveau les premiers signataires scientifiques qui ont immédiatement réagi à notre appel et nous ont apporté leur expertise très précieuse : Pierre Henri Gouyon, Jacques Tassin, et Joseph Garrigue. Nous remercions également très chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont signé ensuite, qui ont apporté des témoignages, qui nous ont contacté·es. La pétition a attiré l’attention des médias (Journal de Gien, République du Centre, France Bleue Centre-Val de Loire). Nous avons également été contacté·es par des personnes concernées à différents titres dans d’autres communes et d’autres régions.
Nous avons eu des échanges approfondis avec des scientifiques, et avec des spécialistes en droit de l’environnement.
Il nous semble aujourd’hui évident que la législation et les usages vont dans le sens d’un rejet de ce types de pratiques à tous les niveaux, tout particulièrement, bien sûr, dans des zones Natura 2000, et plus encore pendant les périodes de nidification.
Rappelons que la propriété privée ne donne pas tous les droits : l’État lui même rappelle la nécessité de procéder à une évaluation d’incidence lorsque coupes en terrain privé se situent dans un site Natura 2000. Dans le cas des coupes à Bonny, l’argument selon lequel les espèces protégées ne se trouvaient peut-être pas sur place au moment des coupes ne tient pas : les habitats des espèces protégées sont protégés de toutes façons (il s’agissait d’une Znieff 2, c’est à dire un « grand ensemble naturel riche et peu modifié, offrant des potentialités biologiques importantes »). Et dans les faits, les habitants et promeneurs entendaient les loriots et les pics avant la coupe.
L’argument selon lequel tout cela ne serait pas grave puisque des peupliers seront replantés (pour être coupés dans 30 ans), ne tient pas non plus : la forêt disparue n’était pas un champ de cagettes, mais un ensemble diversifié d’arbres, ignorant les frontières, et peuplée d’oiseaux, d’insectes, le tout en pleine zone Natura 2000, en bordure de Loire. Ce qui a disparu aurait pu – et aurait du – faire l’objet d’un rachat de coupe.
La coupe rase intervient dans le contexte d’un désastre environnemental absolu, avec notamment la destruction de la biodiversité qui exige des réactions immédiates. Les sensibilités sont en avance partout sur les législations. C’est pourquoi les 1000 signatures ne nous étonnent pas : les problèmes sont vécus ici et ailleurs, ils sont intolérables ici comme ailleurs, plus encore dans des zones sensibles, uniques, désignées à l’attention et au soin des promeneurs.
Ce que nous voulons, c’est que les justifications d’un autre âge cessent, et que soit reconnu le caractère insupportable de la destruction de milieux de vie comme une forêt alluviale. C’est pourquoi nous sommes malgré tout soulagés de constater que la pétition a suscité tant d’attention, et a ouvert de nombreuses pistes pour des actions communes.

