Un jardin ensoleillé

Il fait si beau, en cette fin d’été, que ça m’a donné envie de présenter quelques images du jardin attenant à la maison. Une manière simple d’illustrer comment on prend soin de notre lieu, sans pour autant se prendre la tête. L’idée générale c’est que c’est à chacun, là où il ou elle est, de s’atteler à la tâche de préserver le vivant : l’écologie ne se joue pas seulement lors des COP, ni dans les ministères, ni à la CEE, ni dans les parcs naturels. Ca se joue partout où on peut avoir une action, et aucune action n’est négligeable.

Devant la maison, on trouve tout d’abord une belle terrasse arborée : les anciens propriétaires, qui possédaient aussi le plus grand et luxueux bordel de Paris avant et pendant la guerre, le “One Two Two“, y organisaient de grandes fêtes aux lampions. Bon, faut dire que c’était des collabos de première qui se gavaient de caviar, de homard et de champagne au moment où la plus grande partie de la population vivait les restrictions et les tickets alimentaires… Les propriétaires suivants, qui n’étaient pas des collabos eux, y organisaient aussi des fêtes, d’après les témoignages de voisins. Faudrait peut-être qu’on poursuive cette tradition festive 😉

 

Au bas de cette terrasse arborée, on trouve un terrain en pente douce qui mène jusqu’à la rivière : la Cheuille, qui se jette dans la Loire quelques centaines de mètres plus loin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a décidé de passer la tondeuse le moins souvent possible, en nous contentant de tracer des sentiers pour accéder au potager ou à certaines parties du terrain. C’est bien mieux pour la biodiversité que de tondre façon club de golf, ça coûte bien moins cher en essence (pas de trajet à la déchetterie, moins de consommation d’énergie pour la tondeuse), et la terre s’assèche moins vite en été. Mais surtout, c’est beaucoup plus beau car ça donne l’impression que le jardin est plus vaste : il se laisse découvrir progressivement, au gré des promenades, et non d’un seuil coup d’œil comme dans le jardins “clubs de golf”. Enfin, cela permet également d’exercer sa créativité quand on décide où tracer les sentiers, de quelle manière on les trace, quels espaces de promenade ou de paysage cela crée, etc. Bref, on applique un peu les principes du jardin punk présentés par Eric Lenoir :

Eric Lenoir a d’ailleurs installé son jardin, le Flérial, dans la région Bourgogne, pas très loin du Val de Loire où nous sommes. Et comme lui j’ai un passé punk : je me retrouve donc bien dans les principes qu’il développe, même si notre jardin est plus modeste que le sien.

 

 

On a donc tracé des sentiers, dont le dessin varie selon nos envies, et on laisse pousser le reste tant que ça ne conduit pas à une forêt : on a notamment de belles carottes sauvages depuis l’été, dont les milliers d’ombelles blanches oscillent avec le vent, et le jardin est fréquenté par énormément d’insectes (abeilles, libellules, papillons, sauterelles, etc.) et d’oiseaux. On plante ici ou là quelques arbres ou des fleurs au gré de nos envies. On conserve les pommiers, poiriers et pruniers déjà présents. Ils ont souffert du gel cette année, et on aura au mieux quelques pommes. Mais l’année dernière, ces mêmes arbres étaient chargés de fruits.

 

 

 

 

 

 

On a mis en place quelques “planches” de potager : bon, là on a clairement des progrès à faire ! Mais pour une première tentative, c’est pas si pire : tomates, haricots, salades, oignons, pommes de terre, poireaux, oseille, rhubarbe, poivrons, aubergines, et quelques (trop rares et tardifs…) pâtissons et courgettes. On est loin de l’autonomie alimentaire, mais on va apprendre ! Des plans de fraisiers, des groseilles et des framboises étaient déjà là, et on les garde.

 

 

 

 

 

 

 

 

On a un beau puits à l’ancienne, bien pratique pour l’arrosage.

 

 

Plus loin, en traversant la Cheuille, on a un terrain de 3000m² de forêt : il est en “libre évolution”, car il est parfois difficile d’accès en raison des crues de la Loire et de la Cheuille. Une partie de l’année, il est traversé par un bras temporaire de la Loire, et parfois on y trouve une mare avec pas mal d’oiseaux. Il est aussi pâturé par des moutons, dans le cadre d’une convention entre un éleveur et le Conservatoire d’Espaces naturels Centre Val de Loire. Autrefois, jusqu’aux années 1960-1970, il était déjà pâturé : j’y ai retrouvé des vestiges d’enclos à moutons. Et dans la maison, on a une ancienne bergerie qui a conservé sa mangeoire. L’idée c’est d’extraire ce terrain du plan de chasse (même si on sait bien le peu de respect qu’ont les chasseurs pour la propriété privée) afin que cette parcelle, attenante au territoire protégé par le CEN Val de Loire, contribue à la préservation de l’environnement. Le terrain, comme tout le site des Loups et des îles de Bonny, est classé Natura 2000 (directive Habitats et directive Oiseaux).

Voilà pour le tour des terrains qui vont avec la maison ! On va continuer à observer ce qui s’y passe, à apprendre, et à profiter de ce bel environnement.

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